Rencontre avec Pierre Guyomar, ‎Chargé de développement numérique au CRIJ Rhône-Alpes qui animera deux ateliers métiers à Super demain.

Comment abordez-vous les nouveaux métiers du numérique ?

Nous travaillons cette année avec la fondation Adecco sur la découverte des métiers du numérique avec l’idée de lutter contre les représentations caricaturales que le grand public peut avoir.

Nous rappelons, par exemple, systématiquement que les métiers du numérique se conjuguent tous au féminin : il y a quelques semaines, lors d’un forum des métiers avec des collégiens d’Aubenas, j’animais un atelier sur les métiers du numérique. J’ai vu 20 garçons et 2 filles. Je leur ai demandé d’alimenter un nuage de mots : garçons et filles parlent de designeur et non de designeuse ou d’informaticien mais pas d’informaticienne.

Nous constatons aussi beaucoup de fantasmes liés à des métiers rares. On peut rêver d’être Youtubeur mais ce n’est pas pour ça qu’on va l’être. Seuls quelques-uns gagnent bien leur vie en France. C’est un peu le même travers qu’avec le fantasme de devenir une star du football.

Quels sont les métiers que vous leur faites découvrir ?

Les métiers du code, du design, sont ceux sur lesquels il y a de la demande. Et ils correspondent à différentes affinités : ceux qui ont une sensibilité plus artistique vont vers le design, ceux qui aiment la com’ vont vers le community management, et les matheux vont vers le code. C’est une caricature, mais le message est de dire que tous les profils s’y retrouvent et que les métiers sont très divers.

« Il y a beaucoup de métiers dans le numérique mais il y a surtout du numérique dans tous les métiers ! »

Les métiers du numérique évoluent vite et tous les métiers sont impactés par l’évolution des nouvelles technologies. C’est pourquoi nous souhaitons proposer une réflexion sur les métiers qui vont émerger demain.

Chasseur de trolls, ça existe vraiment ? Le manager digital funéraire va t’il émerger ? Notre atelier « Le vrai du faux des métiers du numérique » a pour but de se questionner et de se projeter sur les mutations en cours et à venir. Beaucoup de jeunes ont une vision caricaturale des métiers du numérique. Soit il y a des métiers fantasmés, soit c’est informaticien, sauf qu’aujourd’hui ça ne veut pas dire grand chose.

Qu’allez-vous proposer pour aborder la question de l’identité numérique ?

Nous avons prévu un peu de manipulatoire pour ceux qui sont intéressés. Nous ferons découvrir des outils récents, facile à prendre en main comme Webmii pour tout ce qui est identité numérique ou encore Bob emploi, Clic n job ou Impala

Notre objectif n’est pas de dire : surveillez votre identité numérique, cachez vous. C’est plutôt l’inverse : on sait comment se cacher, réfléchissons à la manière de se valoriser sur le web.

Nous proposerons également un concours de mauvais CV, des pitchs de CV sur périscope et bien d’autres choses encore !

Comment abordez-vous cette question avec les parents ?

Beaucoup de jeunes intègrent facilement ces concepts. Même s’ils ne sont pas conscients de toutes les facettes, même s’ils ne savent pas utiliser toutes les fonctionnalités, ils adoptent facilement ces modes d’expression et de communication.

Par contre, quand on intervient sur la question des métiers avec les parents, souvent ils se braquent. L’idéal est d’ouvrir la discussion en présence des enfants et des parents. Là, on arrive à faire sauter certains verrous. C’est justement ce que Super demain doit permettre !

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